Le crowdfunding au secours des festivals ? (6/7)

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Cet été, période phare des festivals et autres manifestations culturelles, Good Morning Crowdfunding vous propose un dossier spécial sur le rôle du crowdfunding dans le financement des festivals, sujet ô combien sensible dans un contexte de baisse générale des aides publiques.


Crowdfunding et festivals

Episode 6: Interview de Marie Tretiakow, Coordinatrice générale chez Proarti

Les épisodes précédents :

Marie Tretiakow Proarti

  • Pour vous, est-ce que le crowdfunding est un mode de financement alternatif pertinent, voir un modèle économique stable pour financer les festivals en France face à la baisse des subventions ?

Pour moi, au vu des sommes collectées par les festivals et de la moyenne de collecte en France en crowdfunding, le financement participatif n’est pas un mode de financement alternatif pertinent mais un mode de financement complémentaire pertinent. On ne peut pas dire que le crowdfunding finance les festivals. Les subventions seront toujours là pour aider. Pour moi, le financement participatif est un excellent moyen de diversifier ses financements mais en aucun cas de remplacer les subventions, il faut vraiment que cela vienne en complément.

Le crowdfunding pour la création d’un festival peut également servir à se lancer. Sur Proarti, on a remarqué que la moitié des projets est dédiée à la création de festivals. C’est intéressant car cela permet de fédérer un public en amont et d’avoir de la trésorerie…

Le crowdfunding est un mode de financement intéressant sur pas mal de plan comme la communication et la diversification de ses financements. Cela permet également de fédérer le public et s’adresser au public local du festival dans une démarche solidaire.

Le crowdfunding peut être un modèle économique stable car ce sera amené à se développer. J’espère que les festivals vont réussir à se l’approprier de manière pérenne. Que ça devienne pérenne sur des sommes complémentaires, c’est tout à fait envisageable !

  • Quelle est la typologie des projets de festival que vous voyez passer sur Proarti ?

On a quatorze festivals qui ont fait une campagne sur Proarti depuis le lancement. On connait une forte augmentation de ces projets car la moitié de ces festivals ont fait une campagne en 2016.

Par rapport à la typologie, c’est essentiellement des petits festivals de musique, théâtre ou art de rue et art du cirque.

  • Est-ce que les festivals locaux sont plus à même de lancer une collecte que les festivals internationalement reconnus ou nationalement reconnus ?

Absolument. En général dans le financement participatif, plus on a besoin d’argent et plus on va passer du temps à la recherche de financement. Moins on a besoin d’argent, moins on va y dédier de temps.

Ce sont surtout les petits projets, ou ceux qui ont un vrai besoin de financement, qui collectent le mieux. Cela explique que la moitié des festivals sur Proarti sont de la création de festival. Ce sont des festivals qui ne sont pas encore institutionnalisés, qui n’ont pas encore accès à certaines sources de financement car c’est leur première édition. C’est la raison pour laquelle ils font appel au crowdfunding. Cela veut dire que ça fonctionne bien.

Après cela peut être un festival installé qui va créer quelque chose de nouveau et qui a besoin de financement. Dans ce cas, ça va bien fonctionner.

  • Proarti a récemment hébergé des projets pour le festival d’Avignon, pouvez-vous nous en dire plus ?

On accompagne, en effet, beaucoup de projets qui vont dans des festivals, beaucoup à Avignon mais également dans d’autres festivals comme De Chalons… On a un gros pic de projets en campagne entre janvier et juin parce que c’est tous les projets qui vont en festivals qui ont besoin de financement.

Pour Avignon, on avait une vingtaine de projets présentés là-bas. On est allé sur place pour aller les voir. On y va tous les ans car Avignon c’est un grand moment de rassemblement pour les professionnels du secteur culturel dans le spectacle vivant. Cette année, on a organisé un parcours d’accompagnement, dans les lieux principaux du festival in et off, avec cinq ateliers pratiques sur la recherche de financement privé comme comment préparer sa campagne de financement participatif ou encore comment réussir sa communication digitale.

  • Quels sont les conseils, en tant que plateforme, que vous pouvez donner aux festivals qui souhaitent passer par une campagne de crowdfunding ?

Il faut s’y prendre le plus tôt possible. Je pense que le moment choisi pour lancer sa campagne est très important. Il s’agit également de bien se préparer pour aller cibler les personnes proches du projet et pour toucher son cercle 1, 2 et aller jusqu’à toucher le cercle. Il faut mettre en place des outils pour aller voir les habitants, les commerçants, toutes les personnes qui pourraient avoir envie de participer à l’aventure du festival. Si on va les voir au bon moment et avec les bon outils, c’est tout à fait possible de les fédérer et de créer un effet boule de neige pour la collecte.

Le prochain et dernier épisode servira à faire un compte-rendu de notre dossier spécial crowdfunding et festivals. 

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À propos de l’auteur

Journaliste web Actuellement en deuxième année à l'EFJ Paris en journalisme plurimédia, je me suis dirigée vers des études de journalisme, tout naturellement, me laissant guider par mon envie d'écrire. Passionnée de musique, j'aime tout ce qui touche à la culture de près ou de loin. Ma première expérience à Good Morning Crowdfunding m'a permis de découvrir le milieu du crowdfuding, un univers riche, dynamique et sympathique.

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