[PATRIMOINE] Financement participatif ou investisseurs étrangers ?

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Chambord

« Les étrangers rachètent la France ». Voilà une phrase qui fait peur à tout le monde et qu’il n’est pas rare de trouver en une de tel ou tel journal. Il est vrai que beaucoup de capitaux étrangers circulent dans notre pays, et ce n’est pas pour nous déplaire, l’investissement, on le sait, c’est bon pour la croissance. Mais quand ces capitaux touchent à notre beau patrimoine, on a tendance à s’affoler, à s’insurger, bref, à paniquer.

Les châteaux des domaines viticoles par exemple, sont un placement très populaire chez les riches investisseurs Chinois, « Quoi, mais comment un peuple qui boit son vin cul-sec ose t-il toucher à notre précieux nectar ? » . Désolé de vous décevoir, mais en 2012, par exemple, c’est une vingtaine de domaines français qui ont été rachetés par des Chinois, et chaque année ce chiffre augmente. Le Qatar, lui, préfère investir dans les marques de luxe, « Quoi, mais comment un peuple qui roule dans des grosses berlines plaquées or ose t-il toucher à notre bon goût ? ». En 2012 également, la marque Vicky est passée aux mains d’investisseurs qataris. Ces réactions aux préjugés un peu infantiles, sont-elles justifiées ? En d’autres termes, le rachat du patrimoine français par des étrangers, qui ne partagent pas notre culture mais volontiers leur porte-monnaie, est-ce vraiment une mauvaise chose ?

Il faut remettre en place certains principes de base, même si les français se convainquent du contraire, nous vivons dans un système capitaliste, donc une arrivée d’argent, c’est bien ! La marque Vicky était au bord de la faillite lors de son rachat par la cheikha qatari Moza, et cet investissement a permis de sauver les emplois de la marque. Je parle ici d’emplois FRANÇAIS et non qataris.

Le problème de ces investissements est plus subjectif, car il touche aux fondements même de ce qui nous rend français, notre culture. Ces investisseurs étrangers ne partagent évidemment pas cette culture, il est difficile pour eux de la comprendre, comme il est difficile pour nous de comprendre le théâtre japonais ou les oeufs de cent-ans. Notre peur vient donc du fait qu’ils pourraient donner une orientation à leur nouvelle acquisition qui serait, à notre sens, contre-nature.

Et c’est là que le financement participatif intervient (ce n’est pas trop tôt). La puissance financière d’une foule peut être équivalente à celle d’un gros investisseur. La différence, c’est qu’en passant par des plateformes de crowdfunding, les donateurs ou les investisseurs se ré-approprient leur patrimoine. Toutes sortes de plateformes existent pour cela aujourd’hui.

Fundovino éloigne les Chinois de nos domaines viticoles. Proarti lutte pour la diversité et contre l’américanisation culturelle. Ou encore la jeune plateforme Dartagnans nous épargne une invasion de nouveaux riches Russes sur les bords de la Loire.

Pour finir, sachez une chose, la venue de capitaux étrangers sur notre chère terre est économiquement, une très bonne chose. Mais si cet argent barbare vous effraie malgré tout, une thérapie au financement participatif pourra vous aider !

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À propos de l’auteur

Après une licence d’économie à la Sorbonne j’ai décidé de me lancer dans le journalisme. Passionné par les nouvelles technologies et après une première expérience dans un journal national, j’ai vu dans le financement participatif un moyen de concrétiser n’importe quelle bonne idée, même la plus farfelue et l’occasion de populariser l’innovation.

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