[INTERVIEW] Rencontre avec Maëlle Chassard pour son projet Lunii

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Maelle Chassard Lunii

Maëlle Chassard est la co-fondatrice de Lunii, une jeune start up d’objets connectés pour la famille, qui présente son premier projet : La Fabuleuse Fabrique à Histoires pour les enfants à partir de trois ans. Ce projet a été financé avec succès sur Ulule en 2015 en collectant 42 000 euros et en réalisant 500 précommandes. Aujourd’hui, Lunii réalise une nouvelle levée de fonds sur la plateforme d’equity crowdfunding Sowefund pour développer l’activité et l’équipe autour du projet. Pour l’occasion, Maëlle Chassard nous a accordé une interview pour nous expliquer son projet et sa nouvelle levée de fonds sur Sowefund.

Pourquoi le nom de Lunii ?

Lunii c’est le côté lunaire, quand on se raconte des histoires le soir avant de s’endormir. Les deux i, c’est un petit peu plus intellectuel. Lunii était mon projet de diplôme pendant mes études de design. Pour écrire mon mémoire sur l’imaginaire, j’ai fait beaucoup de recherches et la problématique était : comment en tant que designer puis-je réconcilier les imaginaires collectifs et individuels. Du coup les deux i symbolisent les deux imaginaires. C’est le petit clin d’oeil à mon mémoire !

Lunii produit

Peut-on revenir sur l’histoire de Lunii, du mémoire à la petite boîte qu’on voit aujourd’hui ?

Le constat principal pendant l’écriture de ce mémoire était qu’aujourd’hui, l’imaginaire des enfants est bridé par trop de représentations imposées par la télévision, les jeux vidéo, la publicité,… C’est très important pour le développement de leur créativité et leur développement personnel de solliciter leur imaginaire. Aujourd’hui, c’est malheureusement moins le cas. En partant de ce constat, je voulais proposer un objet qui ne soit pas à contre-courant : il ne s’agissait pas de renier la technologie. Il fallait qu’il soit à la fois technologique et interactif tout en revenant à des traditions orales du conte pour développer leur imaginaire. Je suis passionnée d’interfaces tangibles et j’aime améliorer l’expérience utilisateur. Ce sont les raisons pour lesquelles j’en suis venue à un design très simple et intuitif qui ressemble à un petit transistor pour le petit côté rétro. Pour le design, il y a mes influences personnelles qui viennent jouer dans l’histoire.

Lunii

Lunii a développé le projet avec un « lab » dans des écoles en Îles-de-France. Comment ça s’est passé ?

Une fois mon projet de diplôme terminé, ça faisait longtemps que mes amis et moi avions envie de créer notre boîte. Mon projet de diplôme nous a permis de créer notre premier projet de boîte tous ensemble. Nous avons été aidés par le directeur de Strate, l’école de design où j’ai fait mes études, et qui nous a conseillé de proposer mon projet à la subvention d’appel à prototypes technologiques de Futur en Seine. C’est une subvention de la région Île-de-France et Cap Digital. On s’est rapproché du Cube qui est un centre de création numérique à Issy-les-Moulineaux qui avait déjà fait plein de projets pour Futur en Seine et qui ont une expertise pédagogique assez forte. Du coup, ils nous ont accompagné pour faire les premiers prototypes pour les tester en classe. Chaque année, ils ont un projet qui s’appelle « Connectons nos écoles » où ils vont dans 5 à 6 classes de la région Grand Paris Seine et Ouest où ils peuvent tester de nouveaux projets. Cette année-là c’était Lunii ! On a fait pour eux une application de création d’histoires où les enfants ont pu créer leur propre histoire et les mélanger. Une fois les prototypes finis, on en a donné un par classe pour écouter les histoires qu’ils avaient enregistrées sur le prototype. Les enfants ont écrit et imaginé des histoires complètement farfelues. C’était une expérience géniale ! Ça nous a permis de faire un premier test produit avec des premiers prototypes fonctionnels. Ça a été une belle mise en avant. C’est après que nous avons été exposés au salon Futur en Seine en 2014. Nous avons d’ailleurs remporté le prix du public. Une grande surprise !

Lunii

Les tests avec les enfants ont-ils permis d’améliorer le produit ?

Le public a vraiment bien accueilli le prototype, les tests ont été concluants et on a pris des feedbacks pour voir ce qu’on pouvait encore améliorer sur le produit pour qui corresponde au mieux aux enfants. Ce qui nous a permis de  passer de la version bois, avec un prototype plus imposant, à une version plastique, plus légère, plus colorée, plus simple et plus compatible pour les enfants. Pendant mon projet de diplôme, j’avais imaginé quelque chose d’un peu plus « prospectif » dans le sens où j’avais imaginé que les histoires générées automatiquement puissent se mélanger les unes avec les autres, contées par une voix de synthèse… Mais on s’est aperçu que la technologie n’était pas au point. Les tests auprès des enfants nous ont aussi permis de voir que c’était compliqué de combiner les histoires et que ce n’était pas forcément très riche. On a du coup préféré privilégier la qualité plutôt que la quantité et faire des histoires uniques écrites par quatre auteurs. Ce qui permet 48 histoires de très bonne qualité avec des voix féminines et masculines.

Par la suite, la Fabrique à Histoires est-elle amenée à se développer ?

On va commercialiser la Fabrique à Histoires en juin à 59 euros 90 centimes (au lieu de 45 euros pour les précommandes en ce moment sur notre site) et mettre en place notre boutique en ligne pour charger de nouvelles histoires. On compte également mettre en place rapidement des packs d’histoires interactifs d’ici la fin de l’année. L’enfant pourra intervenir pendant le récit et être acteur de son histoire. Par la suite, on pense faire du contenu pédagogique comme de l’éveil aux langues étrangères en proposant des packs d’histoire en français et en anglais pour que l’enfant puisse faire le lien entre les deux.

Le crowdfunding et Lunii c’est une grande histoire d’amour. Comment s’est passée votre première campagne de précommandes sur Ulule ?

Ça a bien marché ! On avait demandé un montant conséquent pour un projet français : 40 000 euros et on est arrivé à 42 000 euros et surtout 500 précommandes, ce qui est vraiment satisfaisant. Cette campagne nous a permis de faire parler de notre projet, de fédérer une communauté, de prendre des feedbacks. Au niveau de la communauté, on a commencé à avoir des fidèles et des ambassadeurs qui prennent part au projet comme s’ils étaient avec nous au quotidien. On a l’impression d’être une petite famille. Le fait d’avoir créé un lien avec la communauté c’est ce que j’ai préféré.

lunii

Aujourd’hui c’est votre deuxième levée de fonds mais cette fois chez Sowefund pour une campagne d’equity crowdfunding. Pourquoi cette levée de fonds et comment appréhendez-vous une campagne en equity ?

Une deuxième levée de fonds pour développer l’activité et l’équipe en attendant de faire un chiffre d’affaires. C’est une façon de réaliser toute l’ambition qu’on a avant de pouvoir vivre du projet. Il nous faut ce petit temps de pont d’où cette nouvelle campagne de financement participatif mais cette fois-ci en equity. C’est un nouvel enjeu. On est à la fois excité et on appréhende aussi un peu même si je pense que ça va être une super aventure. Ce qui se rapproche d’une campagne de précommandes qu’on a faite chez Ulule, c’est qu’il y a un gros travail de préparation à faire. Ça fait des mois que je travaille dessus pour ne rien oublier et bien tout définir. Maintenant, il faut envoyer les dossiers, démarcher les réseaux de business angels et du coup c’est forcément une autre démarche pour convaincre. Il faut convaincre comme on l’a fait avant sur Ulule pour provoquer un coup de coeur mais il s’agit de convaincre des investisseurs avec des arguments beaucoup plus tangibles. Il faut montrer que dans ce projet il y a du business et que s’est amené à se développer. C’est vraiment excitant. Ça fait un peu plus peur que le crowdfunding sur Ulule, ce n’est pas les mêmes enjeux, le même montant. On parle devant des personnes qui vont nous challenger en permanence. Le fait d’avoir réussi une première campagne généraliste nous permet de montrer aux investisseurs qu’on a déjà réussi à convaincre les futurs clients. Stratégiquement, c’est mieux de faire de la précommande et ensuite une levée de fonds en equity. Vu qu’on a eu l’aventure du Fundtruck avec Sowefund, on y réfléchissait. Sowefund a une expertise forte dans ce domaine donc on était très confiant de partir avec eux.

Comment voyez-vous le futur pour Lunii ?

Nous sommes une start up d’objets interactifs Techno-Retro. Lunii est notre premier produit. Notre ambition est de développer une gamme de produits culturels innovants et de s’internationaliser assez rapidement. On a plusieurs idées mais pour l’instant, on se concentre sur la Fabrique à Histoires.

Lunii logo

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À propos de l’auteur

Journaliste web Actuellement en deuxième année à l'EFJ Paris en journalisme plurimédia, je me suis dirigée vers des études de journalisme, tout naturellement, me laissant guider par mon envie d'écrire. Passionnée de musique, j'aime tout ce qui touche à la culture de près ou de loin. Ma première expérience à Good Morning Crowdfunding m'a permis de découvrir le milieu du crowdfuding, un univers riche, dynamique et sympathique.

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