[SUIVI] Le financement participatif doit-il lui aussi être Charlie ?

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Charlie Hebdo

Après les douloureux attentats du 7 Janvier dernier, le journal satirique Charlie Hebdo a battu des records en termes de ventes, d’abonnements, mais également de dons. Mais Charlie ne sait pas quoi faire de tout cet argent, et plus encore : il n’était pas fait pour le recevoir. En effet, ce journal à vocation confidentielle, aux lecteurs restreints mais fidèles, est en train de devenir un symbole national… Et ça ne lui convient qu’à moitié.

Après la vente des 8 millions d’exemplaires post-attentats ayant permis une recette de 12 millions, ce sont les particuliers qui se mettent à faire des dons afin de soutenir les publications de l’hebdomaidaire : le Guardian Media Group souhaite donner 129 000€, Google Press va donner 250 000€… Plus de 3 millions d’euros ont ainsi été récoltés sur de sites tels que JaideCharlie.fr, ou encore l’Association des amis de Charlie Hebdo, dons qui seront reversés aux familles des victimes… Cela ne ressemblerait-il pas à du financement participatif ? Sans le vouloir donc, le journal qui se revendique indépendant et privé, se retrouve financé par une économie participative.

Une des valeurs constituant son ADN est son « auto-financement », ou du moins son actionnariat réservé aux salariés du journal, ce qui exclut donc tout investisseur extérieur. Le journal souhaite néanmoins entamer une refonte qui sera basée sur le modèle d’une économie sociale et solidaire.

Paradoxal donc… Voilà qui divise la rédaction de l’hebdomadaire…

Les partisans du premier cas pensent qu’il est encore trop tôt pour débattre d’une refonte, tandis que dans le second cas Charlie Hebdo abandonnerait le statut d’entreprise commerciale mondiale. Ce second cas donnerait également la possibilité aux lecteurs/financeurs d’être impliqués dans la reconstruction du journal, à hauteur d’un réel employé du journal. Il s’agirait par la même occasion de permettre le développement ainsi que la modernisation de l’hebdomadaire. Dans ce cas, il est également question de faire perdurer le journal… Deux points de vue qui ne se contredisent finalement pas tant que ça, qui se battent pour la même cause, mais qui doivent s’entendre sur la participation ou non de financeurs externes à Charlie.

 

 

 

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À propos de l’auteur

Passionnée de journalisme depuis toujours, c’est après une licence en information et communication que mon avenir s’est confirmé : je veux écrire. Après une expérience en tant que rédactrice pour une chaîne télévisée publique française, Good Morning Crowdfunding a donc été pour moi l’opportunité de découvrir l’univers des startups, tout en continuant à être du côté de la rédaction.

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