[TRIBUNE] Le système bancaire alternatif : solution face à la raréfaction du crédit pour les jeunes entrepreneurs ?

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L’entrepreneuriat: le mot est en vogue mais l’envie d’y aller est-elle d’actualité chez les jeunes ? D’après une récente étude menée par l’Association Jeunesse et Entreprises sur les motivations et les freins des jeunes à entreprendre, il apparait que pour 67% des jeunes, le goût d’entreprendre c’est la volonté d’être acteur plutôt que spectateur de son activité. Une motivation prioritaire qui souligne la volonté des jeunes de se prendre en main.

Mais voilà, dans la réalité  « seulement 15% des créateurs entreprennent à la sortie de leurs études » (Assises de l’entrepreneuriat 2013). Crise économique, inexpérience professionnelle, peur de l’échec, méconnaissance de l’écosystème entrepreneurial… à ces nombreux freins s’ajoutent des difficultés importantes à trouver les sources de financement.

En effet, le financement des premières étapes du développement d’une nouvelle entreprise est souvent difficile. Il l’est encore plus quand ce sont des jeunes entrepreneurs, sans même parler des jeunes issus des quartiers en difficultés ou qui n’ont pas accès aux bons réseaux. Le financement d’amorçage d’un projet est particulièrement critique car les risques sont grands  et rares sont les investisseurs privés qui acceptent d’apporter de l’argent à cette étape. Face à une relative absence des acteurs du Capital Risque sur ce segment, les initiatives se multiplient et s’organisent pour financer les jeunes entreprises en phase de création.

Du crowdfunding aux « business angels », en passant par le prêt d’honneur, tour d’horizon des solutions possibles pour les créateurs à la recherche de capitaux.

Jeunes entrepreneurs : des solutions existent pour le financement et l’accompagnement de votre entreprise

  • Le « love « money » : un coup de pouce très utile durant la phase dite d’amorçage.

Le love money se traduit littéralement par l’« argent de l’amour » et se définit par « épargne affective de proximité ». Il s’agit de l’argent de proches, famille et amis, qui deviennent alors actionnaires de la société. Il faut être conscient des changements dans les relations que l’argent en jeu peut induire. Le love money impliquant une forte proximité avec les actionnaires. Les proches doivent être prêts à perdre cet argent.

  • Le crowdfunding : Les plates-formes de crowndfunding, autrement dit de financement participatif, permettent aux internautes d’investir en un clic sur un projet de création d’entreprise. Comment s’y retrouver face aux nombreuses plates-formes existantes ? Il faut d’abord distinguer les différents types de financement proposés : dons, prêts, voire levées de fonds et ensuite s’investir dans le marketing de son appel aux dons. En effet une campagne de crowdfunding réussie doit être convaincante afin de susciter l’intérêt des investisseurs.
  • L’accès aux micro-crédits : l’Adie avec le soutien du réseau des Banques Populaires, également très engagé dans l’entrepreneuriat des jeunes, a lancé un fonds de prêts d’honneur. L’objectif à terme de ce fonds est de permettre à 1 000 jeunes chaque année dont un tiers de jeunes des quartiers prioritaires de bénéficier de « quasi fonds-propres » (prêts sans intérêt) en complément du microcrédit pour financer la création ou le développement de leurs entreprises.
  • Les aides sociales et financières : Des aides financières aux allégements fiscaux, en passant par les exonérations de charges sociales, il existe 6 000 types d’aides aux entreprises mises en place par l’Etat ou les collectivités territoriales. Le tout est de dénicher celle qui correspond au projet grâce à l’aide de l’APCE.

 

  • Les concours : Talent des cités, Prix de l’entrepreneur Ernst & Young, 101 projets, SFR Jeunes Talents…les concours proposés aux jeunes créateurs d’entreprise sont nombreux et variés mais ils ont tous un point commun : récompenser les talents pour leur originalité et leur exemplarité. Par exemple l’entreprise Talentroc lauréat du concours 101 projets, projet incubé à l’école de Management Audencia Nantes, a reçu 25 000 euros sous forme d’apport en fonds propres.
  • Le prêt d’honneur permet de rassurer les banquiers : 16 565 porteurs de projets ont décroché un prêt d’honneur en 2013. Montant moyen 8 000 euros. Cela parait peu mais il ne faut pas oublier que ce prêt à taux zéro sert avant tout d’accélérateur de financement, car ces réseaux fonctionnent un peu comme un gage de sérieux pour les banques.
  • Les « business angels » : les 4500 membres de France Angels, répartis dans 85 réseaux régionaux, ont investi en 2013 45 millions d’euros dans 350 entreprises. Mais attention, les business angels ne s’intéressent qu’à certains types d’entreprise : des sociétés avec pas ou peu de chiffre d’affaires, mais qui ont dépassé le stade de l’idée et présentent des perspectives d’activité commerciale à court terme.
  • L’accès à des services d’appui et à de la formation : les jeunes entrepreneurs nécessitent en plus d’un accès au crédit d’un bagage sur la culture d’entreprise qui comprend un certain nombre de techniques et de savoir-faire. Accompagnement individuel, accès facilité à des financements adaptés, modules de formation collective : L’Adie a lancé CréaJeunes permettant un accompagnement par des professionnels, un suivi post-création de 18 mois et une immersion en entreprise.

Même si un jeune créateur d’entreprise manque logiquement d’expérience, de moyens et de contacts, être jeune est également un atout pour un entrepreneur. La jeunesse c’est : la créativité, la prise de risques, la maîtrise de la communication moderne. Le développement de l’entrepreneuriat individuel et collectif, dans un contexte européen de hausse du chômage notamment chez les jeunes, revêt donc une importance capitale pour l’avenir de la France afin d’assurer l’épanouissement personnel de chacun, la création de nouveaux emplois et la vitalité économique de notre société. 

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À propos de l’auteur

“Je suis chargé d’études dans la chaire Banques Populaires en microfinance d’Audencia Group. L’objet de mon travail consiste à allier les derniers travaux de recherche sur la « Vulnérabilité financière » (aussi bien en France qu’à l’international) à l’aspect opérationnel avec la mise en place d’un certains nombres d’études quantitatives et qualitatives. Je travaille sur l’ensemble des problématiques liées aux sujets suivants : la microfinance, la création d’entreprises, l’entrepreneuriat, l’exclusion bancaire, l’inclusion financière, la prévention du surendettement, la lutte contre le chômage, les sources de financement alternatif…”

Un commentaire

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