[EMPLOI] Le financement participatif tient les promesses de François Hollande

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Biscuiterie Jeanette

 

« Inverser la courbe du chômage« . Voilà un objectif qui donne du fil à retordre à  François Hollande et à son gouvernement. C’est le moins que l’on puisse dire, le taux de chômage est aujourd’hui supérieur à 10%. Peut-être pourraient-ils s’inspirer de l’histoire qui suit pour explorer de nouvelles pistes…

L’histoire démarre en Normandie le 18 Décembre 2013. La plus vieille biscuiterie de la région,Jeannette,  est mise en liquidation judiciaire, laissant 37 employés sur le carreau. Comme dans beaucoup d’entreprise françaises qui appartiennent au patrimoine de leur région (la vieille dame existe depuis plus de 160 ans) la plupart des salariés y travaillent depuis plusieurs dizaines d’années. Bien conscients du savoir-faire unique qu’ils ont acquis au cours de cette longue carrière, ils décident de ne pas abandonner leurs emplois et d’occuper l’usine jusqu’à ce qu’une offre de reprise correcte se présente. Pendant plusieurs mois le combat se poursuit et l’occupation des locaux permet aux employés d’empêcher l’éventuelle saisie du matériel.

En Août dernier, quatre offres de reprise ont été présentées au tribunal de commerce de Caen qui les a toutes rejetées. Elles ne concernaient que la reprise du matériel et de la marque pour produire ailleurs, ne maintenant donc aucun emploi en Normandie. Comble du désastre, une entreprise a même fait une proposition de reprise pour deux euros, avant de retirer son offre. Mais un homme, Georges Viana avait quand même décidé de reprendre l’affaire et de la maintenir dans les locaux d’origine avec une partie des salariés. Malheureusement les banques ne l’ont pas suivi. Et c’est là que l’histoire devient intéressante.

Convaincu du potentiel de la biscuiterie et du savoir-faire de ses employés,  Georges Viana a lancé début septembre une campagne de financement participatif à hauteur de 50 000 € sur la plateforme BulbInTown. La campagne a démarré sur les chapeaux de roue en récoltant 15 000 € en seulement une semaine et se termine de la même manière avec une collecte totale de 100 000 € ! La fabrique de madeleines va pouvoir rouvrir ses portes, en gardant tout de même quinze salariés et en se positionnant cette fois sur un marché haut-de-gamme. Une seconde campagne, d’ equity-crowdfunding cette fois, a été lancée pour la reconversion de la fabrique.

Georges Viana a eu du flair en s’adressant aux consommateurs, non seulement moins frileux que les banques mais apportant un regard plus humain sur la finance. Ils permettent non seulement un financement participatif, mais surtout un financement solidaire. Le replacement du consommateur au centre de la mentalité de production, voilà ce qui pourrait permettre de sauvegarder des emplois. Car si le financement participatif est un tremplin pour les start-up, il peut aussi être un filet de sécurité pour les PME vieillissantes, en leur permettant de se mettre à la page.

 

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À propos de l’auteur

Après une licence d’économie à la Sorbonne j’ai décidé de me lancer dans le journalisme. Passionné par les nouvelles technologies et après une première expérience dans un journal national, j’ai vu dans le financement participatif un moyen de concrétiser n’importe quelle bonne idée, même la plus farfelue et l’occasion de populariser l’innovation.

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