Le crowdfunding en milieu rural : paradoxe ou réalité ?

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Crowdfunding dans les campagnes

Le crowdfunding ou financement participatif est devenu en l’espace des quelques mois un « must-do » dans les milieux artistiques et culturels dans grandes villes françaises pour faire financer son projet. Ce nouveau mode de financement reste encore trop peu utilisé en province et encore plus en milieu rural (nous utiliserons le terme « territoires » pour désigner le milieu rural).

Deux raisons expliquent son développement tardif dans les territoires :

–        Qu’on le veuille ou non, tout ce qui nous vient des US arrive d’abord à Paris puis se propage progressivement dans le reste de l’Hexagone.

–        La communication autour des levées de fonds se fait majoritairement via les réseaux sociaux, dont l’usage est plus important dans les grandes villes.

–        La culture des levées de fonds (caritatives ou non) n’est pas très ancrée en France.

Pourquoi favoriser le crowdfunding dans les territoires ?

Car le tissu économique dans les territoires est majoritairement constitué de TPE / PME et d’associations : 75% des 450 000 TPE / PME créées chaque année le sont en province.  Ce sont ces-même créateurs d’entreprises,  TPE et PME qui ont le plus de mal à trouver des fonds auprès des circuits de financements dits traditionnels.

Le potentiel du financement participatif est  donc énorme mais encore trop peu répandu.

Comment développer le crowdfunding en province ?

Plusieurs pistes existent :

1) Nouer des partenariats avec les chambres consulaires (CCI, CMA), les collectivités territoriales (mairies, département, régions) les réseaux de création et reprise d’entreprises ou toutes autres organisations ayant un réseau national pouvant servir de relais de communication localement pour les plateformes de financement participatif.

2) Communiquer sur le crowdfunding en utilisant des projets « porte-drapeaux » ayant une portée locale (projet ayant un impact local plutôt nationale) pouvant profiter pleinement de la solidarité très forte en milieu rural.

3) Un réel accompagnement des porteurs de projets semble nécessaire. Il faudra en outre aider les porteurs de projet à mettre en place une stratégie de communication adaptée. Dans certains territoires il faudra combiner communication via les réseaux sociaux et communication traditionnelle dans la zone de chalandise du projet en cours de financement.

Alors paradoxe ou réalité ?

Conscient de son potentiel sous-exploité le gouvernement va modifier la législation en faveur du financement participatif pour accélérer son essor car bien qu’il tarde à se développer le financement participatif a bel et bien un avenir dans nos territoires.

Et puis le crowdfunding n’est que le descendant de la Tontine, cette cagnotte collective très largement répandue en Afrique existait bien avant pour financer des projets bien avant qu’internet, et même l’électricité ne voit le jour.

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À propos de l’auteur

“Diplômé de l’ESC Tours-Poitiers j’ai passé plus de 5 ans chez Ernst & Young Advisory à parcourir le globe (18 pays via 3 bureaux EY différents) pour assouvir ma soif de découverte. Passionné par l’entreprenariat et convaincu que l’économie solidaire est sous utilisée en France je crée en 2013 avec 4 copains de promotion Butinizz.fr, plateforme de financement participatif dédié aux territoires, qui s’intéresse particulièrement aux projets locaux.”

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