Crowdfunding : tous les projets sont-ils finançables ?

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Aujourd’hui, si le crowdfunding permet à tout type de projet de voir le jour, le phénomène apparait également comme un moyen de défendre une cause, en attestent la variété de projets déposés sur les plateformes de dons dédiées aux causes sociales, solidaires, humanitaires ou projets de bienfaisance. La campagne devient une vitrine idéale pour le porteur de projet qui peut, à travers elle, diffuser ses idées.

Un constat qui amène à la question suivante : peut-on réellement imaginer toutes sortes de projets se concrétiser via le financement participatif ? Des dérives semblent inévitables et des limites nécessaires.

Support Officer Darren Wilson

Une variété de projets financés grâce au crowdfunding

Outre la salade de pommes de terre de Zack Danger Brown qui avait récolté plus de 55 000 dollars sur la plateforme américaine Kickstarter, de nombreux projets aussi divers que variés ont pu être financés grâce à la finance participative. Gadgets innovants, films, albums, jeux vidéos… toutes les formes de création trouvent leurs place dans le monde du crowdfunding.

Parallèlement, une nouvelle facette du financement participatif s’est développée au fil des années. La naissance de plateformes dédiées à des causes précises ou de nature publique a ouvert de nouvelles portes, le facteur « créatif » ne constituant pas/plus une condition essentielle et propre à un projet. Le but principal devient la sensibilisation.

Il s’agit presque essentiellement de plateformes de dons sans contreparties. Celles-ci ont permis à des étudiants de financer leurs études, à des villes de récolter des fonds pour des projets d’ordre public (ex : la ville de Londres pour financer ses prochaines décorations de Noël), à des clubs de sport de sauver leur saison, à des particuliers de couvrir leurs frais d’hospitalisation…

Vers une régulation plus stricte des plateformes de financement participatif ?

En août, GoFundMe, la plateforme de crowdfunding a provoqué la polémique en présentant à la fois la campagne destinée à financer les funérailles de Michael Brown, le jeune Américain abattu par un policier à Ferguson, et la campagne du policier incriminé pour couvrir les frais de son procès. Les défenseurs et détracteurs de chacune des campagnes ont dès lors exprimé leur colère. Dans ce genre de situation, un dilemme se pose pour la plateforme. Une cause prévaut-elle sur une autre ? Doit-elle justifier ses choix ? Les réponses ne dépendent que de la plateforme et de sa charte éthique.

La semaine dernière, la plateforme a certainement voulu mettre les choses au clair en fixant les modalités de sa politique en ce qui concerne les contenus publiés sur sa structure. Elle a ajouté toute une liste de projets qu’elle ne présentera pas ou plus. Elle y interdit notamment les campagnes portant sur les avortements. Une mise à jour qui a provoqué une nouvelle polémique.

Au-delà du débat provoqué et aussi louables soient les causes invoquées, il semble nécessaire pour une plateforme de poser des limites et de prévenir des dérives futures. Cette décision devrait inciter de nombreuses autres plateformes à faire de même.

Le crowdfunding est devenu un monde à part entière avec des règles qui lui sont propres. Dans la mesure où les plateformes en constituent les rouages, il leur appartient d’en réguler le fonctionnement.

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À propos de l’auteur

“Après une licence de droit et quelques petits voyages autour du monde, je me suis réorienté vers le journalisme pour pouvoir me concentrer sur l’écriture. Au terme de mes études, j’ai alors rejoint l’équipe de Good Morning Crowdfunding, séduit par les valeurs véhiculées par le financement participatif, à savoir la rencontre, la solidarité et le partage.”

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