Crowdfunding et musique classique [Épisode 3]

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Episode 3 : Visite de chantier ! Campagnes menées en musique classique et chiffres à la clé, à l’appui, enfin à ce que vous voulez, mais des données.

Article 3 photo Francois Sechet

La majeure partie (si ce n’est la totalité) des formations musicales, institutions, festivals, qu’ils soient ou non permanents, n’ayant jamais eu recourt au financement participatif, cet article ne vise pas à noter l’absence d’utilisation de ce système mais à simplement faire état, sans jugement aucun, des campagnes ayant été menées en musique classique. Ça, c’est dit.

Comme nous allons le voir un tout petit peu plus bas, les campagnes de crowdfunding menées dans le domaine de la production de concerts en musique sont très différentes.

Que ce soit du côté du « type » de porteur de projet (artiste individuel, ensemble constitué, structure productrice d’événements), de la plateforme, du genre de crowdfunding choisi, de la durée de la campagne, de l’objet du financement et de la façon de mener la campagne (ton employé, rapport aux contributeurs – potentiel futur public ! –,  contreparties proposées, le cas échéant), aucune campagne ne se ressemble !

Les données récoltées depuis 2010 jusqu’à la fin juin 2013 sur un panel de 27 plateformes* (pour les curieux, liste en bas de l’article), nous avons trouvé 18 projets dont la campagne avait pour objet le financement d’éléments relatifs à une production de concert ou un événement en musique classique. Nous avons volontairement circoncis l’étude à des porteurs de projets résidents sur le territoire français pour une raison simple : dans les pays anglo-saxons, cela fait partie de la culture de donner de l’argent pour des projets culturels. Courte comparaison :

  • sur Kickstarter, en juin 2013, le nombre de projets soutenus en musique classique (tous type de projets confondus, disques, événements, lancement d’un groupe…), depuis la création du site en 2009, est de 1063
  • sur un panel de 6 plateformes installées en France (Ulule (création 2010), MyMajorCompany (2007), KissKissBankBank (2010), Oocto (2009), Babeldoor (2010), Fondatio (2013)) on arrive à 29 projets en musique classique (cela comprend les disques et les productions d’événements).

 

Donc, pour revenir à nos 18 projets de cette petite étude – parmi lesquels certains avaient une campagne pas terminée (en cours de collecte) , nous avons pu noter que :

– Dans 88,23 % des cas, la structure qui porte le projet est constituée sous forme associative

–  Les campagnes menées concernent :

  • un ensemble vocal (5,88 %)
  • un ensemble instrumental (29,41 %)
  • un orchestre (35,29 %)
  • une troupe d’artistes (23,52 %)
  • un ensemble de musique de chambre
  • un binôme de musiciens (17,64 %)
  • un festival (11,76 %)
  • une salle (5,88 %)

– Dans 88,23 % des cas, les artistes sont professionnels (cette proportion n’a aucun lien avec la structuration sous forme associative, nous sommes simplement arrivé au même chiffre sans qu’il s’agisse des mêmes projets nécessairement…)

– La gestion de la campagne est assurée :

  • Par un artiste du projet (70,56 %)
  • Par le ou la chargée de communication (17,64 %)

–  64,68 % des projets ont pour origine la région parisienne

–  Le financement de type « don contre contrepartie » domine largement (94,11 %) avec une utilisation majoritairement de la plateforme KissKissBankBank (64 %) puis Ulule (35 %) et enfin Kickstarter, Fondatio, Babeldoor et MyMajorCompany à égalité (5,88 %). On notera que les chiffres dépassent 100 % car un même projet est présent sur deux plateformes à la fois.

– Le montant récolté a pour but de financer :

  • la production d’un événement (82,32 %) : logistique (déplacements, hébergements), communication, frais de créations (composition, costumes)
  • uniquement la communication autour d’un événement (5,88 %)
  • l’accessibilité des manifestations pour certaines catégories du public
  • le lancement d’une structure

 

La bonne nouvelle ? Parmi les campagnes déjà arrivées à échéances (64,7 % en juin 2013) sont parvenues à atteindre leur objectif de collecte. La moyenne de ces collectes est chiffrable à 2900 euros récoltés auprès de 54 contributeurs en 42 jours.

 

(*panel des plateformes pour l’étude : Kickstarter, Ulule, KissKissBankBank, MyMajorCompany, Octopousse, Babeldoor, Babyloan, Microworld, Spear, BlueBees, Afexios, Anaxago, Ethikangels, Mymicroinvest, Smart angels, Wiseed, Fondatio, Bulb in Town, Noomiz, Akastarter, Finance Utile, Plemi, All In My Music, My Show Must Go On, Micro Invest, Microcultures, Buzz My Band)

 

Pour voir le tableau des statistiques, cliquer ici

 

Crédit photo : © François Sechet

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À propos de l’auteur

“Terminant un Master professionnel de Gestion et d’Administration de la musique à Paris IV – Sorbonne, je réalise un mémoire sur l’intérêt du financement participatif pour la musique classique. Ce mémoire s’inscrit dans une démarche plus globale : je suis convaincue qu’un rapprochement entre culture et économie en vue de créer une dynamique d’échange, poursuivre des intérêts communs, créer des façons alternatives, innovantes de produire et financer des événements profondément inscrits dans les besoins d’un territoire, pour des citoyens, constitue un avenir durable et pertinent pour la culture, pilier d’une société.”

Un commentaire

  1. Je viens fausser vos statistiques… mais dans le bon sens 🙂
    Je ne sais pas comment vous avez compté le nombre de projets en musique classique, je me disais que 29 projets ça ne faisait pas beaucoup… donc je suis allé vérifié s’il y avais le mien… et non

    Vous pouvez rajouté un 30ème projet réussi : http://fr.ulule.com/scenes-famille/
    Je cherchais des fonds pour enregistrer le DVD du spectacle qui sort très bientôt !

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