Une des limites du Crowdfunding?

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Patrick Mennucci se prend les pieds dans le financement participatif

Dans une semaine, le député et maire du 1/7 se lance dans la campagne municipale. Le meeting est censé être financé par les internautes. Bilan : l’argent espéré n’est pas au rendez-vous. Pire, le procédé pourrait bien être illégal.

MarsActu/Jean-Daniel Favre

Savez-vous où trouver le pastis le plus cher de Marseille ? Au comptoir du Sofitel ? Perdu. Il se trouve dans un bar plus méconnu tenu par un certain Patrick Mennucci. Cinquante euros le pastis mais à ce prix-là, vous êtes sûrs de pouvoir le siroter attablé avec le tavernier en personne. Ce verre en tête-à-tête est une des mesures du financement participatif lancé par l’équipe de campagne du prétendant à l’investiture socialiste pour les municipales de 2014 à Marseille. Les internautes sont invités à nourrir collectivement le projet pour récupérer à terme les 5245 euros nécessairesà l’organisation du meeting de lancement de la campagne du député et maire du 1/7.

Lancé dans la ferveur par les équipes du candidat épaulées par le patron de la Netscouade et président du Conseil national du numérique Benoît Thieulin, largement relayé par les médias, « ce processus novateur et transparent » peine pourtant à trouver ses bienfaiteurs. En plus de dix jours, seul un quart de la somme espérée a été récupéré. À croire que la photo dédicacée ou même la place au premier rang au palais des congrès ne suffisent pas, les internautes préfèrent entendre chanter Grégoire ou voir jouer François Morel. Mennucci promet pourtant lui aussi du contenu le 8 avril avec son « projet pour Marseille ». Problème, toutes les gratifications envisagées ne ramènent qu’à la forme, au contenant si l’on peut dire, à savoir à la personne du candidat.

Une pratique illégale ?

Depuis son lancement, le discours des initiateurs a petit à petit changé. Les lots ne constitueraient que « du second degré » et non pas une personnalisation excessive. Du coup, les éventuels contempteurs sont renvoyés à leur manque d’humour voire à leur archaïsme. « C’est moderne, c’est la transparence, insiste ainsi Morgane Turc, adjointe à l’éducation à la mairie du 1/7. Pour une fois, on connaît le nom de ceux qui donnent ! » Et parmi les donateurs, on retrouve de nombreux proches du candidat tel son conseiller spécial Éric Scotto ou son attaché parlementaire Régis Corréard.

Ce dernier aura  droit à « une photo dédicacée » de son patron quand Scotto a « coché « je ne souhaite aucune contrepartie »« . Ce dernier gèrera directement l’argent récolté en tant que président de « Pour Marseille », le micro-parti de Patrick Mennucci. Son rôle pourrait être périlleux dans les semaines à venir. En effet, selon nos informations, la commission nationale des comptes de campagne qui a dans ses prérogatives le contrôle des campagnes municipales s’est déjà penchée sur ce cas inédit. En effet, l’existence d’un intermédiaire, la plateforme Ulule qui récupère 8 % de l’argent versé, semble contraire à la loi électorale qui stipule que le mandataire financier du candidat doit directement récupérer l’argent et ce, dans un objectif de traçabilité des dons.

« Il y a effectivement un débat à ce sujet, admet Éric Scotto. C’est normal que la modernité soit rattrapé par la tradition. Et puis, comme cela, on va peut-être créer une jurisprudence, c’est une bonne chose ». Derrière ces déclarations, il existe un risque que tout le monde a mesuré.« L’illégalité entraîne l’inéligibilité », rappelle notamment Éric Scotto. Les équipes chercheraient donc un moyen pour se prémunir de cette mauvaise nouvelle. A priori, deux solutions se présentent : la première conduirait tout simplement à ne pas utiliser les fonds récoltés. La seconde consisterait à contacter les 37 soutiens afin de proposer un règlement par chèque pour contourner toute embûche juridique. Ce crowdfunding n’apparaîtrait alors plus que comme un coup de com’.

Lire l’article : http://www.marsactu.fr/politique/patrick-mennucci-se-prend-les-pieds-dans-le-financement-participatif-30764.html

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À propos de l’auteur

“Après un master II entrepreneuriat, c’est en travaillant sur le financement des startups que j’ai découvert le crowdfunding. Passionné par la nouveauté et le web j’ai co-créé Good Morning Crowdfunding pour faire connaître ce marché."

Un commentaire

  1. Bonjour
    Depuis cet épisode, les choses ont-elles avancées sur le financement participatif politique ? Illégal, ou légal ?
    Merci de votre réponse.

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