[IMMOBILIER] Un point sur le crowdfunding immobilier en France

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C’est en 2014 que le crowdfunding immobilier a commencé à bien prendre ses marques en France. Déjà bien installé aux États-Unis, ce type de crowdfunding tend à prendre de plus en plus d’importance et se autant sur les plateformes déjà existantes, et que tout autant sur de nouvelles plateformes qui décident de s’y consacrer. L’amour des français pour la pierre n’est pas nouveau, et ce mode de financement pour l‘immobilier donne aux particuliers l’occasion d’accéder plus facilement à ce type de bien, et cela dès 1 000€ d’investissement, pouvant leur permettre un rendement annuel de 8 à 15%.

Anaxago, immobilier crowdfunding

Dans le crowdfunding immobilier, l’argent que les crowdfunders investissent dans les projets immobiliers est destiné à faire gonfler les fonds propres. Cet argent vient s’ajouter à la part financée par les banques ainsi qu’à la part provenant des ventes effectuées avant le début des travaux.

Aujourd’hui plusieurs plateformes se distinguent dans ce secteur. Lymo est la première plateforme entièrement dédiée aux projets immobiliers. La plateforme est née grâce à une levée de fonds sur une autre plateforme : Wiseed, qui devient à cette occasion sa partenaire. Aujourd’hui, Lymo c’est : 8 projets financés, plus de 2 millions d’euros investis dans les projets, et un rendement annuel de 10%. De plus, Wiseed est d’ailleurs elle-même très engagée dans le crowdfunding immobilier depuis 2011. Wiseed a déjà financé 12 projets immobiliers et permet aux investisseurs un rendement annuel de 10%. Anaxago, tout comme Wiseed, est un exemple de plateforme de crowdfunding « généraliste » ayant décidé d’ouvrir un « onglet » pour le secteur de l’immobilier. Lancée en 2012, elle se lance dans l’immobilier fin 2013 lui permettant de récolter déjà plus de 2,2 millions d’euros pour des projets immobiliers.

Lymo, imobiler crowdfunding

Il y a différentes techniques de crowdfunding immobilier en France :

  • Les crowdfunders investissent dans une holding qui va détenir des parts d’une Société Civile de Construction Vente (SCCV), elle-même chargée de gérer la construction des biens immobiliers ainsi que leur revente. Une fois la réalisation du projet terminée, cette SCCV disparait. Anaxago, par exemple, utilise cette technique.
  • La holding, financée par les investisseur, emprunte les fonds nécessaires à la réalisation du projet via une émission obligataire vers la SCCV. La holding réalise donc une forme de prêt, qui est financé par les crowdfunders. L’argent récolté sert ensuite à la réalisation du projet par la SCCV. Wiseed, notamment, utilise ce système.
  • Les promoteurs créent une SAS s’occupant directement de la gestion du chantier et de la commercialisation du programme. Cette société « emprunte » aux investisseurs via une émission obligataire et leur versera des intérêts une fois le chantier et la commercialisation des lots terminés. Wiseed et Lymo utilisent cette technique.
  • Enfin, la technique de la SCI (Société Civile Immobilière), dans laquelle les associés sont tenus aux bénéfices et aux dettes liés au projet immobilier pour une durée indéterminée. Les associés auront des parts à hauteur de leur investissement. Ce type de montage est l’un des plus utilisé dans le financement participatif en immobilier. La plateforme de crowdfunding Crowdimo est notamment utilisatrice de cette technique.

Homunity, immobilier crowdfunding

Il y a également 3 manières d’investir dans l’immobilier :

  • Investir dans le neuf : Un promoteur achète en partie un terrain à construire, puis les investisseurs complètent la somme requise via le crowdfunding. Une fois le chantier terminé, les investisseurs sont remboursés à hauteur de 8 à 15%. Wiseed et Lymo ont opté pour cette forme d’investissement.
  • Investir dans l’ancien : Des plateformes proposent aux particuliers de devenir propriétaires dans l’ancien. Pour cela, une SCI est constituée, elle rachète le bien, puis elle permet aux investisseurs de toucher 5% du loyer annuel. Homunity est une plateforme de crowdfunding immobilier utilisant ce type d’investissements.
  • Investir pour un temps : Il s’agit d’un mode de financement utilisé soit pour une rénovation immobilière sur une période de 1 à 3 ans, soit dans un but locatif sur une période 5 à 7 ans, ou soit dans une logique de viager. Crowdimo l’utilise.

Aujourd’hui spécialisé dans le neuf comme dans l’ancien, dans la vente comme dans la location, le crowdfunding immobilier fait débat et l’on ne peut s’empêcher de se demander ce type d’investissement est risqué. Alors la réponse donnée est bien souvent « oui, c’est pour cela qu’il faut se renseigner et y aller avec prudence », car contrairement à une épargne, le crowdfunding immobilier est plutôt perçu comme une « mise » où il est malheureusement possible de tout perdre. Mais après tout, y a-t-il vraiment des investissements sans risques ?

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À propos de l’auteur

Passionnée de journalisme depuis toujours, c’est après une licence en information et communication que mon avenir s’est confirmé : je veux écrire. Après une expérience en tant que rédactrice pour une chaîne télévisée publique française, Good Morning Crowdfunding a donc été pour moi l’opportunité de découvrir l’univers des startups, tout en continuant à être du côté de la rédaction.

4 commentaires

  1. Bonjour Manon,

    Dommage que vous n’ayez pas poussé votre enquête jusqu’à la porte de Justonimo, car pour le coup, nous avons une manière vraiment innovante d’envisager le crowdfunding immobilier. Une prochaine fois peut-être 😉

  2. Chère Manon,
    Je rejoins Arnaud, une multitude de montages différents existent, à coté de ceux que vous décrivez fort bien au demeurant. Et je vous invite également à venir pousser la porte d’ immocratie.

  3. Bonjour,

    Merci pour cet article instructif.
    Vous soulevez un point très intéressant à savoir le risque du crowdfunding immobilier. Effectivement, investir en crowdfunding immobilier, c’est investir dans des PME non cotées avec un sous-jacent ou une activité immobilière au moyen de la souscription d’actions ou d’obligations. C’est comme cela qu’est définie l’activité par l’AMF et le code monétaire et financier. Il ne faut pas le confondre avec l’investissement en immobilier pur ou par l’intermédiaire des SCPI (société elles aussi règlementées par l’AMF).

    Si le risque est inhérent à tout investissement dans les PME, y compris immobilières, il ne faut pas perdre de vue que l’essence même d’une plateforme de financement participatif est bien le « Conseil en Investissement », d’où la création du statut légal de « Conseiller en Investissement Participatif ». Sous ces termes, il y a « intérêt de l’investisseur » et « présentation de l’information d’une manière équilibrée » afin d’éclairer le choix de l’investisseur (doctrine AMF là encore).

    L’essentiel pour réduire le risque en matière de crowdfunding immobilier est d’abord de bien sélectionner la plateforme sur laquelle on investit : elle doit obligatoirement être immatriculée en tant que CIP auprès de l’ORIAS et habilitée par l’AMF, soit quoi on s’expose à tout et n’importe quoi…

  4. Pingback: [ÉCONOMIE] Nouvelle forme d'investissement dans le crowdfunding immobilier -

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