[POLÉMIQUE] Doit-on avoir peur d’une « financiarisation » du crowdfunding ?

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Le crowdfunding est né d’un constat simple. Les entrepreneurs n’arrivant plus à trouver de fonds via les canaux de financement traditionnels, c’est à dire les marchés ou les banques principalement, ils se sont tournés directement vers la foule, court-circuitant de ce fait les intermédiaires. De plus, la crise de 2008 a montré les failles structurelles du système économique et financier. Une certaine défiance s’est installée, à la fois chez les particuliers qui se méfient maintenant des pratiques de leur banquier, mais également entre les banques, renforçant la difficulté de trouver des financements pour les entreprises. Bref, c’est un serpent qui se mord la queue.

Cependant, malgré le caractère « alternatif » du financement participatif, il commence à intéresser certaine banques et fonds d’investissement.

La preuve en est avec la multiplication des partenariats entre plateformes de crowdfunding et institution financière. Le 21 Janvier, c’est la plateforme de prêt participatif Unilend qui annonçait son nouveau partenariat avec Groupama Banque qui s’engageait à investir 100 millions d’euros sur quatre ans chez les entreprises de la plateforme.

Ensuite, c’est au Salon des Entrepreneurs la semaine dernière que l’on a appris le partenariat entre Wiseed et le Crédit Coopératif. Cet accord facilitera l’accès au crédit des entreprises portées par la plateforme d’equity-crowdfunding et permettra à l’établissement de crédit de diversifier l’épargne de ses clients.

Enfin, le dernier partenariat en date, et non des moindres puisqu’il justifie parfaitement la question éponyme de cet article. La plateforme de prêt participatif Finsquare a conclu un partenariat avec le fond d’investissement H2O Participations, qui s’engage à investir 150 millions d’euros dans les entreprises de la plateforme.

La première pensée qui nous vient pourrait être : « tant mieux si les banques se remettent à prêter grâce au crowdfunding« . Tout n’est pas si simple. En effet, l’une des caractéristiques qui différencie le crowdfunding des modes de financement traditionnels, qui fait qu’il est ce qu’il et qui le rend « alternatif », c’est la transparence en tout point. L’information est parfaitement symétrique, pour être plus clair, le porteur de projet sait qui a financé sa campagne, et les contributeurs connaissent le projet de fond en comble. Les institutions financières sont par nature opaque car elles réunissent un très grand nombre de « contributeurs » et autant de placement différent. L’intervention de ces institutions dans un processus de financement participatif pourrait lui enlever son caractère alternatif, et le rendre finalement traditionnel, avec les problèmes structurels que l’on connait. A surveiller, donc.

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À propos de l’auteur

Après une licence d’économie à la Sorbonne j’ai décidé de me lancer dans le journalisme. Passionné par les nouvelles technologies et après une première expérience dans un journal national, j’ai vu dans le financement participatif un moyen de concrétiser n’importe quelle bonne idée, même la plus farfelue et l’occasion de populariser l’innovation.

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