La nouvelle console de jeux OUYA est-elle vouée à l’échec ?

2

 

Les débuts difficiles de Ouya révèlent la faille Kickstarter

000158735_5

Qu’arrive-t-il aux milliers de donateurs de Kickstarter si un projet financé par leurs dons ne voit jamais le jour ? Les débuts loupés de la console Ouya, financée par ce site de crowdfunding, soulève la question.

Kickstarter, crée en 2009 par Perry Chen, Yancey Strickler et Charles Adler est un site de financement collaboratif qui permet à des entrepreneurs de lever les fonds nécessaires à la réalisation de leurs projets par les dons des internautes. Bien que la majorité des projets financés par Kickstarter soit réalisée, une étude menée par l’Université de Pennsylvanie parue le 25 mars 2013 a révélé que 3,6% d’entre eux ne se concrétisent jamais (voir l’étude ci-dessous).

Est-ce le sort réservé à la console Ouya ? En effet, le 28 mars 2013, les premiers modèles de la toute nouvelle console de salon, Ouya, sont arrivés chez les internautes qui ont précommandé leur console sur Kickstarter. Ses concepteurs ont sollicité le soutien financier des internautes par le biais de la plateforme de crowdfunding, pour un coût de développement estimé à 950 000 dollars, ce sont 8 500 000 dollars qui ont été investis par 63 416 donateurs pour financer Ouya. Kickstarter prenant 5% sur toutes les transactions qui ont lieu sur le site. Pour la console Ouya la somme s’élève donc à 425 000 dollars.

Problème : les bêta testeurs (qui sont aussi donateurs) sont dans l’ensemble mécontents du produit, ils ont souligné la latence de la console : il y aurait un important décalage entre le moment où le joueur donne un ordre à sa console et celui où il est réalisé. D’autres ont déploré son interface peu fonctionnelle et son design brouillon. Certains même ont affirmé que les boutons et les gâchettes de la manette collaient. Qu’arrive-t-il en cas d’échec du produit ou de sa non finalisation ?

AUCUNE GARANTIE DE REMBOURSEMENT POUR LES INTERNAUTES

Dans ses conditions d’utilisation, l’entreprise américaine reste vague en préconisant aux créateurs qui ne parviennent pas à réaliser leur projet de trouver une solution. Rien de plus précis quant aux modalités de remboursement. Ce flou génère un vide juridique qui permet à Kickstarter de se dédouaner de toute responsabilité. L’internaute mécène n’a aucun recours possible auprès de la plateforme. Pour obtenir un dédommagement, il est simplement invité à entrer en contact avec les entrepreneurs qu’il a soutenu.

Julie Uhrman, PDG de Ouya a répondu aux critiques de ses testeurs en rappelant que le produit reçu n’était qu’un prototype et que son équipe travaille à améliorer la console. Mais que deviendront les 8 500 000 dollars reçus des internautes si finalement la console – qui se présentait comme une concurrente aux géants Sony, Microsoft et Nintendo – ne sortait pas ? Et recevront-ils les cadeaux (t-shirt, console, dîner avec Julie Uhrman… ) promis en échange de leur contribution ? Porteuse de grandes promesses Ouya, la console à 99 dollars, a déjà beaucoup fait parler d’elle. Cela risque d’être encore le cas, sur un ton beaucoup moins optimiste.

Lire l’article : http://www.usinenouvelle.com/article/les-debuts-difficiles-de-ouya-revelent-la-faille-kickstarter.N194718

Photo: © DR

Partager

À propos de l’auteur

“Après un master II entrepreneuriat, c’est en travaillant sur le financement des startups que j’ai découvert le crowdfunding. Passionné par la nouveauté et le web j’ai co-créé Good Morning Crowdfunding pour faire connaître ce marché."

2 commentaires

  1. Pingback: Le crowdfunding fait un carton aux Etats-Unis |

  2. Pingback: [RACHAT] La console Android OUYA se fait racheter par Razer -

Répondre