Une nouvelle lecture des chiffres du crowdfunding en France

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Il y a quelques mois, nous avons publié une analyse du secteur du financement participatif en France, dans Good Morning Crowdfunding. La publication du dernier baromètre de l’association Financement Participatif France et KPMG pour l’année 2016 est l’occasion de refaire le point sur le sujet.

Nous avions questionné le périmètre du précédent baromètre dans cet article car les chiffres du prêt (ou crowdlending) nous semblaient surévalués. Ils prenaient en compte des acteurs comme Younited Credit, dont l’esprit est proche du financement participatif mais dont le fonctionnement est en fait assez éloigné de celui des plateformes de financement participatif et se rapproche plus de celui d’une banque engagée.

Le nouveau baromètre de Financement Participatif France confirme ce besoin de clarification du périmètre : l’association professionnelle des acteurs du secteur, dont nous sommes membres, distingue désormais la finance participative de la finance alternative. Dans la première catégorie on retrouve uniquement les plateformes qui, comme WE DO GOOD, permettent à un ensemble de contributeurs (la foule) de choisir de financer directement et de manière traçable des projets. La finance alternative recouvre quant à elle le périmètre plus large des modes de financement non traditionnels, c’est à dire hors banque et fonds d’investissement. Le financement participatif représente donc une sous division de la finance alternative.

Dans cette nouvelle définition du crowdfunding, le montant collecté en 2015 a été révisé de 296,8 M€ à 166,8 M€ collectés et a augmenté pour atteindre 233,8 M€ en 2016, soit une croissance de 40 %. Le prêt reste le premier mode de financement avec presque 100 M€ collectés et le taux de croissance le plus important, mais le nouveau périmètre permet de constater que l’on est sur les mêmes ordres de grandeur que les autres modes de financement, ce qui n’apparaissait pas dans les précédents baromètres.
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Toujours plus de contributeurs

En termes de nombre de contributeurs, il y en a eu un peu plus d’un million en 2016, avec des contributions moyennes par projet très variables selon le mode de financement (en euros).

Contributions moyennes sur les plateformes de don / pré-vente.

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Contributions moyennes sur les plateformes de don / pré-vente (en €).

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Contributions moyennes sur les plateformes de prêt (en €).

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Contributions moyennes sur les plateformes d’investissement (en €).

« Ce mode de financement est de plus en plus populaire chez les Français. C’est d’autant plus important qu’en parallèle, nous observons une chute des actionnaires individuels passés de 7 à 3 millions en 10 ans. », explique Fabrice Odent, associé KPMG, responsable des activités Financial Services, dans le baromètre.

Par contre, en ce qui concerne le nombre cumulé des contributeurs depuis la création des plateformes (plus de 2,5 millions en 2016 en France), il nous semble que le baromètre reste un peu (trop) optimiste : il est aujourd’hui impossible de vraiment consolider les données de l’ensemble des plateformes, ce qui était déjà le cas pour le 1 million de 2016. Pour tenir en compte tous ceux qui ont contribué sur différentes plateformes, il faudrait a minima diviser ces chiffres par 2.

Chaque type de projet, son mode de financement

Les montants sont très variables concernant le montant moyen levé par projet, de 1 800 € pour le don sans récompense, à 411 300 € pour le capital.

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Les royalties se positionnement clairement dans un territoire peu occupé, celui du pré-amorçage ou de l’amorçage (des levées de fonds entre 10 000 et 150 000 €), comme nous l’avions exposé dans l’article “Crowdfunding : une segmentation par montant et âge de l’entreprise”.

Le baromètre est téléchargeable sur le site de Financement Participatif France.

Nous vous invitons également à découvrir les statistiques du financement en royalties sur WE DO GOOD ici.

WDG

Jean-David Bar, co-fondateur de WE DO GOOD

Diplômé d’Audencia Business School et après des expériences professionnelles dans le marketing & la RSE, les politiques d’achats responsables et les énergies renouvelables, Jean-David Bar a initié WE DO GOOD en 2013. Passionné par l’entrepreneuriat social, investi en tant que gangster chez MakeSense, il est convaincu qu’il est possible de changer le monde par la finance.

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À propos de l’auteur

Actuellement en troisième année à l'EIML Paris en marketing et communication. Pour ma première expérience en communication, j'ai rejoint Good Morning Crowdfunding, un média dédié à l'actualité du financement participatif. Cet univers me permets de découvrir le milieu du crowdfunding, un univers riche et dynamique.

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